Document publié par l'UFE à l'occasion de son Colloque annuel mi-décembre 2017

UFE transition écologique et solidaire

Document publié le 19 avril 2017 par des membres du Comité de prospective en énergie de l’Académie des sciences

Sébastien Candel, Yves Bréchet, Edouard Brézin, Marc Fontecave, Jean-Claude André, Roger Balian, Sébastien Balibar, Yves Bamberger, Catherine Césarsky, Vincent Courtillot, Jean-Claude Duplessy, Pierre Encrenaz, Robert Guillaumont, Pierre Joliot, Guy Laval, Olivier Pironneau, Michel Pouchard, Paul-Henri Rebut, Didier Roux, Jean-Marie Tarascon.

Lors d’une campagne présidentielle, c’est un peu toujours le même scénario : chaque candidat s’engage à faire en sorte que le pays se porte mieux économiquement et socialement mais, par un étrange phénomène, on parle peu, voire pas du tout, de ce qui marche bien et représente un atout à conforter pour notre pays !

Ainsi, dans le domaine de l’énergie, les débats sont la plupart de temps essentiellement centrés sur la supposée opposition entre nucléaire et ENR alors que le vrai sujet est leur complémentarité.

Et surtout, le secteur électrique représente une filière d’excellence bien plus large sur laquelle la France a tout intérêt à s’appuyer pour rebondir. A la clé, c’est le développement de nos territoires qui se joue et la place de la France en Europe et dans le monde, alors, pour une fois, soyons fiers de nos atouts !

En parallèle de la contribution d'Energie en actions à une nouvelle politique énergétique et environnementale,

6 principales fédérations de l’électricité françaises que sont l’UFE, la FIEEC [1], la FFIE [2], le SERCE [3], l’IGNES [4] et le GIMELEC [5], ont porté auprès des candidats à la Présidentielle une Déclaration Commune articulée autour de 5 grandes priorités :

  • Réduire les consommations d’énergies les plus carbonées
  • Fédérer l’ensemble des acteurs autour d’objectifs sectoriels ambitieux
  • Accompagner de façon pérenne les collectivités territoriales
  • Anticiper et préparer les emplois et compétences de demain
  • Faire de l’électricité un des secteurs prioritaires d’action à l’export.

Tribune de Jacques Treiner, physicien, publiée dans l'édition datée du 24 mars du quotidien Le Monde : "La lutte contre le changement climatique, élément de la campagne présidentielle, oppose de façon manichéenne énergies renouvelables et nucléaire. Elles sont au contraire complémentaires".

On pourrait ajouter aux arguments avancés dans cette tribune :

  • que contrairement à ce qu'à laissé entendre un candidat à la présidentielle, le remplacement de centrales nucléaires par des énergies renouvelables ne conduirait pas nécessairement à un effet positif sur le commerce extérieur. On rappelera en effet que les panneaux photovoltaiques installés aujourd'hui en France sont pour la plupart importés, et que toute baisse de production d'énergie nucléaire diminuerait effectivement les importations d'uranium, mais elle conduirait à de moindres exportations d'électricité vers les autres pays européens.
  • une comparaison entre le coût du programme "grand carénage" d'investissement sur les centrales nucélaires existantes et les surcoût liés aux tarifs d'achat subventionnés des énergies renouvelables en France :

 -  le coût de l’opération en cours « grand carénage » représente environ 4 Milliards €/an, qui doit être rapporté à une production nucléaire d’environ 400TWh/an, soit environ 10€/MWh,

-  les surcoûts liés aux achats d’ENR et de cogénération représentent, selon l’évaluation de la CRE, un montant de 5,7 Mds€ en 2017, pour une production de seulement 50 TWh, soit 114 €/MWh produit.

> consulter la tribune "Le nucléaire n'est pas incompatible avec la transition énergétique"Le nucléaire n'est pas incompatible avec la transition énergétique"

 

La sortie du nucléaire prônée par Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon coûterait 217 milliards d'euros, selon l'estimation livrée le 13 mars 2017 par l'Institut Montaigne.