NUCLEAIRE

Nucléaire : l'heure des choix - juin 2016

En s’imposant un cap ambitieux lors de la COP21, la communauté internationale s’est engagée à lutter contre le réchauffement climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre (GES). Si nous voulons mettre en oeuvre l’Accord de Paris, il est impératif d’agir aujourd’hui pour décarboner nos économies dans les meilleurs délais, et dans un contexte où la consommation d’énergie devrait croître de 23 % d’ici à 2030

Quelles énergies produisent le moins de carbone ? Comment les promouvoir tout en sécurisant notre approvisionnement ? Pouvons-nous tenir nos engagements malgré l’incertitude qui pèse aujourd’hui sur le mix énergétique français ? Comment dépassioner les débats autour de ces enjeux ? Comment inciter les pays nucléarisés à agir vite pour élever le niveau de sûreté des installations et maîtriser la gestion des déchets radioactifs ?

Réuni pendant plusieurs mois par l’Institut Montaigne, le groupe de travail qui a conduit cette réflexion a étudié et objectivé les différentes options que la France doit considérer pour répondre à ces questions afin d’opérer un choix rationnel et viable pour assurer l’avenir énergétique de notre pays.

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Cour des comptes - grand carénage

Le rapport public annuel de la Cour des Comptes, publié le 10 février 2016, comprend dans son Chapitre II Énergie et développement durable

La maintenance des centrales nucléaires : une politique remise à niveau, des incertitudes à lever

Conclusion et recommendations de la Cour des Comptes (extrait)

La politique de maintenance des centrales nucléaires d’EDF a permis jusqu’ici de répondre aux besoins de la consommation électrique et d’exploiter le parc dans des conditions de sûreté conformes aux exigences réglementaires et normatives qui s’imposent à EDF...

L’entreprise a pu enrayer, au prix d’un effort d’investissement accentué après 2007, la dégradation des indicateurs de performance du parc, due pour l’essentiel à un sous-investissement dans les années 2000 et à des faiblesses dans l’organisation des arrêts de tranche.

La réalisation du programme de maintenance du parc nucléaire d’EDF pourrait atteindre 100 Md€2013 entre 2014 et 2030. Malgré les incertitudes identifiées à ce jour, estimées environ à 13,30 Md€, les effets de ce programme sur le coût de production de l’électricité nucléaire sont limités.

La mise en oeuvre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte est susceptible de remettre en cause les investissements envisagés et d’obliger l’entreprise à fermer un tiers de ses réacteurs, avec des conséquences importantes en termes d’emplois, sans écarter l’éventualité d’une indemnisation prise en charge par l’État.

Pour autant, et malgré ces enjeux majeurs pour l’entreprise et l’État, aucune évaluation économique de ces conséquences potentielles n’a été réalisée avant la publication de la loi. Cette évaluation doit être réalisée à l’occasion de l’élaboration de la PPE.

En conséquence, la Cour formule les recommandations suivantes :

1. identifier dans l’étude d’impact de la PPE, prévue par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, ses
conséquences industrielles et financières sur le programme de maintenance des réacteurs nucléaires ;

2. dans la perspective de l’élaboration du plan stratégique d’EDF, arrêté dans le cadre de la PPE, mettre à jour les évaluations des
opérations de maintenance en tenant compte des incertitudes et aléas qui leurs sont associés ;

3. en raison des difficultés attendues en matière de recrutement et de formation, intensifier la mobilisation des acteurs de la filière, publics et privés, visant à combler les pénuries de compétences identifiées dans la perspective du « Grand Carénage ».

Rapport sur le coût de production de l’électricité nucléaire - mai 2014

La Cour des comptes a rendu public, le 27 mai 2014, un rapport sur le coût de production de l’électricité nucléaire commandé par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les coûts de la filière nucléaire, en application de l’article 132-4 du code des juridictions financières.

Ce rapport actualise les constats faits par la Cour dans son rapport public thématique de janvier 2012 sur les coûts de la filière électronucléaire. Il répond également aux questions posées par la commission d’enquête sur les deux sujets suivants:

  • l’évolution des investissements liés à la maintenance et à la rénovation du parc existant,
  • l’évaluation des coûts associés au risque d’accident nucléaire majeur et leur prise en compte par les différents acteurs.

 RAPPORT COUR DES COMPTES COUT PRODUCTION NUCLEAIRE MAI 2014

> Télécharger le rapport de la Cour des Comptes

CP Fessenheim un arrêt injustifié oct 2012

Sur la base de leurs connaissances et de leur expérience, 30 anciens Directeurs de sites nucléaires considèrent que la décision d’arrêt définitif de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2016 ne repose sur aucun argument rationnel.

Selon eux, aucun des grands critères à prendre en compte dans ce type de décision ne justifie la mise à l’arrêt définitif de cette centrale :

1 – La sûreté de la centrale est-elle déficiente ? Ce n’est pas l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire qui vient de donner son accord pour la poursuite du fonctionnement pendant 10 ans de Fessenheim1 au vu des examens et des travaux réalisés pendant la dernière visite décennale et instruit actuellement le dossier de Fessenheim 2. Elle a donné des instructions pour que des travaux soient réalisés dans des délais courts à la suite des examens complémentaires de sûreté post-Fukushima. L’exploitant EDF s’est engagé à les réaliser dans les délais.

2 - Les deux unités de la centrale sont-elles obsolètes technologiquement ? Non : elles font partie d'un parc de production homogène de 58 réacteurs, tous du type à eau sous pression (REP). Elles ont pu bénéficier des améliorations apportées à toutes les unités du parc au fur et à mesure de leur mise en service et de leur exploitation. Fessenheim est au même niveau technique et de sûreté que les autres unités. De plus, il convient de noter que leur centrale de référence construite sous licence Westinghouse aux USA, Beaver Valley 1, qui a démarré un an avant Fessenheim 1, a reçu une autorisation de fonctionnement pour une durée de 60 ans de la part de l‘Autorité de Sûreté des USA.

3 - Ces deux unités sont-elles obsolètes économiquement ? Non, leur exploitation est au contraire très rentable. C’est ce qui ressort du rapport de la Cour des Comptes et du rapport du Centre d’Analyse Stratégique tous deux réalisés sur ce sujet précis en 2012. Ces deux instances, totalement indépendantes de l’exploitant, confirment l’intérêt économique de la centrale de Fessenheim qui dégage un revenu annuel de 400 millions d’euros pour EDF, ce qui contribue à la compétitivité du kWh nucléaire et aux tarifs modérés de l’électricité vendue aux consommateurs français.

4 - Y-a-il une surcapacité de production d'électricité en France et plus généralement sur la plateforme continentale de l'UE ? Non, c’est à la situation inverse qu’il va falloir faire face : aujourd'hui, et plus encore en 2016 avec l’arrêt définitif de nombreuses installations thermiques européennes en raison de leur obsolescence vis-à-vis des nouvelles normes environnementales sur les rejets gazeux. En France, la perte de capacité va être de 8700 MWe à l’horizon 2016 (sans
compter les 1800 MWe de Fessenheim) ce qui justifie la poursuite du fonctionnement des installations qui, telles les deux unités de Fessenheim, participent à la production d’une électricité sans émission de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, l’argument mis en avant sur la création d’un pôle d’excellence de déconstruction n’est pas recevable. La déconstruction d’une installation nucléaire ne requiert que 10 % environ des effectifs d’exploitation et les profils d’emplois sont complètement différents.

> Consultez le communiqué

 

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