Energie en actions, association indépendante d'actionnaires salariés et anciens salariés d'EDF, a pris connaissance des résultats 2013 du groupe EDF publiés le 13 février 2014 matin, et de la documentation publiée par l'entreprise à cette occasion.

Energie en actions se félicite des bons résultats opérationnels (dans un contexte marqué par un effet climat positif et d'excellentes conditions d'hydraulicité) et d'une maîtrise des charges d'exploitation.

Toutefois, Energie en actions exprime des inquiétudes au regard :

  • de la non-atteinte de l'objectif 2013 de production nucléaire en France (403,7 TWh pour un objectif de 410 à 415 TWh fixé en février 2013),
  • de la hausse sensible des impôts sur les sociétés (+ 369 millions d'euros /2012) et du taux effectif d'impôt (36,5% contre 32,6 % en 2012). Cette évolution s'explique notamment par le doublement de la contribution exceptionnelle instaurée depuis 2011, mais aussi par l'impact de la contribution additionnelle de 3% sur les montants distribués,
  • d'un Free Cash Flow[1] avant dividende qui reste négatif. A cet égard, Energie en actions se félicite que le groupe EDF ai communiqué sur un objectif d'atteindre un niveau positif pour le ratio « Cash-flow après dividende », tout en regrettant que l'échéance ne soit fixée qu'à l'horizon 2018 (et hors programme de généralisation du compteur communiquant Linky).

Energie en actions renouvelle également ses réserves sur la poursuite du recours à des financements hybrides, pour un total qui atteint maintenant au total 10 milliards d'euros :

  • Le recours à ces émissions obligataires assimilées à des fonds propres a permis d'afficher «artificiellement» une baisse de l'endettement, mais en contrepartie de coupons plus élevés que les emprunts classiques,
  • Au regard des charges d'intérêts qu'ils génèrent, EDF a annoncé que le calcul du résultat distribué (objectif de taux de distribution de 55 à 65%) serait effectué, à partir de 2014, par référence au résultat net courant post hybride (résultat net courant diminué de la rémunération des émissions hybrides comptabilisées en fonds propres, et représentant 500 millions d'euros en année pleine).

Au regard du niveau élevé des besoins d'investissements opérationnels du Groupe (13,3 Milliards d'euros en 2013), notamment en France dans la production et les réseaux, et de la contribution (additionnelle à l'impôt sur les sociétés) de 3% sur les montants distribués en numéraire, Energie en actions s'étonne que le Conseil d'Administration n'ait pas retenu l'option de paiement en actions pour tout ou partie du dividende au titre de l'exercice 2013 (2,3 milliards d'euros, dont 1,1 milliards versés par acompte en décembre 2013).

[1] Free Cash Flow = Cash Flow Opérationnel – variation du Besoin en Fonds de Roulement net – Investissements opérationnels nets des cessions.